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La pratique

Le drawdown maximal, statique et glissant

C'est la règle qui élimine le plus de comptes, et la seule dont la formulation exacte change complètement le comportement à adopter. Beaucoup la découvrent au moment où elle les élimine.

Qu'est-ce que le drawdown maximal

Le drawdown maximal est le recul le plus important que votre compte a le droit de subir. Concrètement, c'est un plancher : un niveau de solde qui, s'il est atteint, met fin au compte.

Tout tient dans une question que peu de candidats posent avant de payer :ce plancher est-il fixe, ou se déplace-t-il ? Les deux réponses existent, elles portent le même nom commercial, et elles demandent deux manières de trader différentes.

Le plancher statique

Il est calculé une fois, à partir du capital de départ, et ne bouge jamais. Un compte de 50 000 avec un drawdown maximal de 2 000 a un plancher à 48 000, définitivement.

Sa propriété principale est agréable : chaque gain augmente votre marge. Après avoir porté le compte à 53 000, vous disposez de 5 000 de marge au lieu de 2 000. Le compte devient plus sûr à mesure qu'il progresse.

Le plancher glissant

Il suit le compte vers le haut, en conservant un écart constant avec un point de référence qui, lui, ne descend jamais. Le même compte de 50 000 porté à 53 000 voit son plancher passer de 48 000 à 51 000.

Sa propriété est exactement inverse de la précédente et c'est ce qui surprend :votre marge reste constante quoi qu'il arrive. Un compte qui a gagné 3 000 n'est pas plus sûr qu'au premier jour. Il est au même endroit, plus haut.

La variante qui piège, et qu'il faut identifier

Parmi les planchers glissants, deux formes coexistent et l'écart entre elles est considérable.

Le suivi sur les soldes de clôture ne retient que la valeur du compte en fin de journée. Ce qui se passe en séance ne le déplace pas.

Le suivi sur le plus haut atteint retient le sommet touché en cours de séance, y compris en latent, y compris pendant quelques secondes. C'est la forme la plus sévère, et elle produit une situation que beaucoup découvrent en la subissant : une position largement gagnante, laissée revenir à l'équilibre, a déplacé votre plancher vers le haut sans vous laisser le moindre gain. Vous avez payé le gain en marge sans jamais l'encaisser.

Comment on trade sous chacun de ces planchers

Identifier le sien, en trois questions au support

Ce sont les trois seules questions qui comptent, et la réponse doit être écrite. Un support qui répond oralement ou approximativement est un motif suffisant de prudence.

  • Le plancher est-il fixe ou suit-il le compte ?
  • S'il suit, suit-il les clôtures ou le plus haut atteint en séance ?
  • Cesse-t-il de monter à un moment ? Beaucoup de contrats arrêtent la progression du plancher au niveau du capital de départ, une fois le compte suffisamment en avance. Ce point d'arrêt change complètement la fin du parcours.

Sous plancher statique : accélérer quand la marge grandit

La marge augmente avec les gains, donc la taille peut augmenter avec elle, à condition de garder le même nombre de trades de marge. C'est le seul cas où augmenter est cohérent, parce que le rapport entre le risque et la borne reste constant.

La méthode est celle décrite dansl'article sur le money management : la taille se recalcule à partir de la marge du jour, elle ne se décide pas.

Sous plancher glissant : sécuriser n'est pas de la timidité

Sous un plancher qui suit les plus hauts atteints, laisser un gain important revenir à zéro est une opération qui coûte deux fois : vous ne prenez pas le gain, et vous perdez la marge que ce gain a consommée en déplaçant le plancher.

Prendre une partie du gain devient donc une décision arithmétique et non un aveu de frilosité : c'est la seule manière de transformer en marge ce que le plancher a déjà compté comme acquis. C'est l'une des rares situations où la règle du contrat doit primer sur la lecture du marché.

Le tableau de la remontée, et pourquoi il faut le voir une fois

Une perte ne se rattrape pas par un gain de même ampleur, parce que le gain s'applique à un capital plus petit. L'écart est faible au début et devient brutal ensuite.

Recul subiGain nécessaire pour revenir au point de départ
5 %5,3 %
10 %11,1 %
20 %25,0 %
30 %42,9 %
40 %66,7 %
50 %100,0 %

La règle est exacte et se vérifie de tête sur la dernière ligne : après avoir perdu la moitié, il faut doubler. Ce qu'elle implique pour un compte à borne est direct : plus vous vous approchez du plancher, plus l'effort nécessaire pour vous en éloigner augmente, au moment précis où votre marge d'erreur est la plus faible.

C'est l'argument arithmétique en faveur du plancher personnel décrit dansla page sur l'échec d'un challenge : on ne s'arrête pas au bord parce qu'au bord, l'effort de retour est devenu disproportionné.

Les deux erreurs de calcul les plus fréquentes

Confondre la limite journalière et la perte maximale. Ce sont deux bornes indépendantes, et respecter l'une ne protège pas de l'autre. Trois journées à la limite journalière suffisent souvent à franchir la perte maximale.

Oublier les frais. Commissions et frais de plateforme se déduisent du solde, donc consomment de la marge. Sur un compte qui prend beaucoup de trades, ils déplacent le plancher effectif de manière non négligeable, et ils le font tous les jours, y compris les jours sans direction.

Ce que cette règle a de bon et de mauvais

Ce qu'elle a pour elle

  • Elle est objective. Contrairement aux règles de cohérence, elle se calcule sans interprétation : un nombre, un plancher, une date de fin.
  • Elle impose un dimensionnement. Beaucoup de traders ne dimensionneraient pas du tout sans elle. Elle rend le calcul de marge obligatoire, ce qui est une discipline utile que l'on conserve ensuite.
  • Elle protège de la ruine complète. C'est sa fonction du point de vue de la société, et elle vous profite aussi : un compte s'arrête avant d'avoir tout consommé.

Ce qu'on lui reproche à raison

  • La version glissante sur les plus hauts pénalise une gestion pourtant correcte. Laisser courir un gain est un comportement recherché dans presque toutes les méthodes, et cette règle le taxe.
  • Elle pousse à sortir tôt. Conséquence directe du point précédent : elle crée une incitation contractuelle à couper ses gains, c'est-à-dire exactement le comportement que décritle biais de disposition. Un compte peut donc entraîner une habitude coûteuse ailleurs.
  • Sa formulation varie et son nom ne varie pas. Deux sociétés annoncent un drawdown maximal de 2 000 et n'imposent pas la même contrainte. La comparaison des offres sur ce seul chiffre n'a aucun sens.
  • Elle ne dit rien de la qualité d'un trader. Un compte éliminé par cette règle a franchi une borne, ce qui est une information sur un dimensionnement et une série, pas sur une compétence.

En un paragraphe

Le drawdown maximal est la contrainte qui structure tout le reste : la taille des positions, le moment où l'on sécurise, et le point où l'on s'arrête. Sa forme exacte, statique ou glissante, sur clôtures ou sur plus hauts, change davantage votre manière de trader que le montant annoncé. Elle se lit une fois, dans le contrat, avant de payer, et le chiffre qui en découle, la marge en nombre de trades, est le seul à garder sous les yeux.

Pour aller plus loin

Sources

Cet article décrit des mécanismes contractuels, qui se vérifient dans les documents de chaque société et nulle part ailleurs : aucune publication de recherche n'est invoquée. Le tableau de remontée est le résultat exact de la relation entre un recul et le gain qui le compense, vérifiable de tête sur la dernière ligne, où il faut doubler après avoir perdu la moitié. Aucun chiffre n'est repris d'une source tierce.

Le trading comporte un risque de perte en capital. Ce contenu est pédagogique et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Trader 360 n'est pas un service de signaux et ne promet aucun résultat.Une question sur cet article ?