Les indicateurs
Le MACD : comprendre la ligne de signal et l'histogramme
Son nom impressionne, sa construction est élémentaire : une soustraction de deux moyennes, lissée une fois de plus. Savoir cela change ce qu'on peut raisonnablement lui demander.
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Qu'est-ce que le MACD
MACD est l'abréviation de moving average convergence divergence, convergence et divergence de moyennes mobiles. Il se compose de trois éléments, et les confondre est la première source d'erreur.
- La ligne MACD est la différence entre une moyenne exponentielle courte et une moyenne exponentielle longue, classiquement à douze et vingt-six périodes. Quand elle vaut zéro, les deux moyennes sont confondues ; quand elle monte, la courte s'éloigne de la longue vers le haut.
- La ligne de signal est une moyenne exponentielle de la ligne MACD elle-même, classiquement à neuf périodes. C'est donc un lissage d'un lissage.
- L'histogramme est la différence entre les deux lignes précédentes.
Une conséquence se déduit immédiatement de cette construction et elle mérite d'être posée tout de suite : le MACD ne contient aucune information que les deux moyennes ne contiennent pas. Il les présente autrement, sous une forme centrée sur zéro, ce qui est commode à l'œil. Tout ce qui est dit dansl'article sur les moyennes mobiless'applique donc ici sans réserve, à commencer par le retard.

Ce que l'histogramme mesure vraiment
C'est le point le plus mal compris de l'indicateur. L'histogramme n'est pas une mesure de la force du mouvement. Il est la différence entre une quantité et son propre lissage, c'est-à-dire une mesure de l'accélération de l'écart entre les deux moyennes.
Formulé plus simplement : des barres qui grandissent signifient que l'écart entre les moyennes s'accroît de plus en plus vite. Des barres qui rétrécissent signifient que cet écart continue de croître, mais moins vite qu'avant. Un histogramme qui diminue ne décrit donc pas un mouvement qui s'inverse, il décrit un mouvement qui progresse moins vite qu'il ne progressait. Ce sont deux choses différentes, et beaucoup de sorties prématurées viennent de cette confusion.
Comment on l'applique
Le croisement des deux lignes, et son double retard
Le signal le plus enseigné est le croisement de la ligne MACD et de sa ligne de signal. Il faut mesurer ce qu'il coûte en temps.
Le prix bouge. Les deux moyennes réagissent avec retard, puisqu'elles sont des moyennes. Leur différence, la ligne MACD, hérite de ce retard. La ligne de signal, qui est une moyenne de cette différence, en ajoute un second. Le croisement arrive donc après deux couches de lissage, ce qui en fait l'un des signaux les plus tardifs de toute la rubrique.
En tendance franche, ce retard est acceptable parce qu'il reste du chemin. En marché sans direction, les deux lignes se croisent sans arrêt et la règle produit une série d'allers-retours perdants, exactement comme le croisement de moyennes. Le régime de marché décide, pas l'indicateur.
Le passage de la ligne zéro, plus lisible que le croisement
Moins commenté et plus robuste, parce qu'il correspond à un fait simple : quand la ligne MACD passe au-dessus de zéro, la moyenne courte vient de passer au-dessus de la longue. C'est le croisement de moyennes lui-même, sans la couche de lissage supplémentaire.
Si vous utilisez le MACD comme filtre de contexte plutôt que comme déclencheur, c'est cette ligne qu'il faut regarder, et non le croisement des deux courbes. Elle a un retard de moins.
Le défaut qui interdit toute comparaison
Point technique, souvent ignoré, et qui invalide un usage courant. Le MACD n'est pas borné : il s'exprime dans l'unité du prix. Un MACD de 12 sur un contrat dont le prix vaut 5 000 points et un MACD de 12 sur un contrat à 80 points ne décrivent pas du tout la même situation.
Trois conséquences pratiques en découlent. On ne compare pas les valeurs de MACD entre deux instruments. On ne compare pas non plus ses valeurs d'aujourd'hui à celles d'il y a trois ans si le prix a beaucoup changé de niveau. Et il n'existe pas de seuil de MACD « élevé » comparable au 70 du RSI, qui est borné lui. Ceux qui en fixent un fixent un seuil valable pour un instrument, à une époque.
Les divergences, et ce qui est propre au MACD
La divergence se lit sur le MACD comme sur tout oscillateur : le prix inscrit un nouveau sommet, l'indicateur non. Sa définition, son mode de repérage et ses trois limites sont détaillés dansl'article sur le RSI, et il serait inutile de les répéter ici.
Une seule chose est propre au MACD, et elle mérite d'être signalée : comme l'histogramme mesure une accélération, sa diminution apparaît souventavant que la divergence ne soit visible sur les lignes. Cela paraît un avantage, et c'est surtout une source de faux départs : un ralentissement d'accélération survient plusieurs fois dans une tendance qui continue. Plus un signal est précoce, plus il est fréquent, et plus il est souvent démenti.
Le réglage, et la même discipline que partout
Douze, vingt-six et neuf sont des valeurs héritées, pas des optimums. Les modifier est possible et sans conséquence tant qu'on ne les modifie pas après une série de pertes, ce qui reviendrait à sélectionner un réglage sur des résultats déjà connus. C'est le défaut de méthode que la littérature empirique identifie comme le plus répandu, et il est développé dansl'article sur les moyennes mobiles.
Points positifs et points négatifs
Ce qu'il a pour lui
- Il rend visible un écart que l'œil estime mal. Lire l'écartement de deux moyennes sur un graphique de prix est difficile ; le lire comme une courbe centrée sur zéro est immédiat. C'est sa vraie contribution, et elle est ergonomique plutôt qu'informative.
- Sa construction est entièrement explicite. Trois paramètres, deux soustractions, aucun élément caché.
- La ligne zéro est un filtre de régime honnête, avec un retard de moins que le croisement.
Ce qu'on lui reproche à raison
- Il n'apporte rien de neuf. Toute son information est déjà dans les deux moyennes. Ajouter le MACD à un graphique qui porte déjà ces moyennes revient à afficher deux fois la même chose.
- Il est doublement en retard, par construction, et c'est le prix de sa lisibilité.
- Ses valeurs ne sont comparables à rien, faute d'être bornées.
- Son histogramme est presque toujours mal interprété, comme une force plutôt que comme une accélération.
- Nous ne publions aucune statistique sur la performance de ses signaux, faute d'en avoir mesuré.
En un paragraphe
Le MACD est une présentation, pas une information. Il rend lisible l'écartement de deux moyennes, ce qui est utile à l'œil, au prix d'un retard supplémentaire et d'une échelle incomparable. Sa ligne zéro vaut mieux que son croisement, son histogramme mesure une accélération et non une force, et tout ce qu'on peut dire de sa fiabilité est déjà dit dans l'article sur les moyennes mobiles, puisqu'il n'est rien d'autre.
Pour aller plus loin
- Les moyennes mobiles, dont le MACD est une présentation.
- Le RSI, où les divergences sont détaillées.
- Les bandes de Bollinger, autre construction bâtie sur une moyenne.
- L'ATR, qui mesure au lieu de signaler.
- Tenir un journal, pour mesurer chez soi plutôt que croire.
Sources
- Appel G., The Moving Average Convergence-Divergence Trading Method, Signalert, 1979. Ouvrage d'origine de l'indicateur et des valeurs conventionnelles de douze, vingt-six et neuf périodes.
- Park C.-H., Irwin S. H., « What Do We Know About the Profitability of Technical Analysis? », Journal of Economic Surveys, 2007, vol. 21, nº 4, p. 786-826. Pour le constat de méthode rappelé sur le choix des réglages.doi.org
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