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La pratique

Les frais réels d'un aller-retour, les quatre postes

C'est le seul poste de résultat qui est certain. Il se paie à chaque trade, que l'analyse soit juste ou fausse, et deux de ses quatre composantes n'apparaissent sur aucune ligne de votre relevé.

Ce que coûte un aller-retour

Un aller-retour, c'est une entrée et une sortie. Son coût se décompose en quatre postes, et l'ordre dans lequel on les découvre est presque toujours celui-ci.

Poste 1 : la commission du courtier

Le plus visible : une somme par contrat et par côté, facturée par l'intermédiaire. Elle apparaît sur le relevé, elle est négociable en fonction du volume, et c'est le seul poste que la plupart des traders comparent.

Poste 2 : les frais de marché et de compensation

Moins connus, ils sont perçus par la bourse et par la chambre de compensation pour chaque contrat traité. Certains courtiers les intègrent dans un tarif unique, d'autres les facturent séparément. Une comparaison de commissions qui ignore cette différence de présentation compare des choses différentes.

Ces frais dépendent du contrat, du statut du client et de la bourse. Nous ne citons aucun montant : ces grilles sont publiées par les opérateurs et révisées périodiquement, et une page qui les figerait deviendrait fausse sans que rien ne le signale.

Poste 3 : l'écart de cotation, qui n'apparaît nulle part

C'est le poste le plus important et le seul qui ne figure sur aucune ligne comptable. Il est déjà contenu dans votre prix d'exécution.

Entrer au marché à l'achat revient à payer la meilleure offre ; sortir au marché à la vente revient à recevoir la meilleure demande. Entre les deux se trouve l'écart, décrit dans l'article sur le carnet d'ordres. Sur un contrat liquide traité en pleine séance, cet écart vaut le pas de cotation minimal, et l'aller-retour en coûte donc un. Aux heures creuses ou sur un marché agité, il s'élargit, comme l'expliquel'article sur les sessions.

Aucun relevé ne vous facturera jamais cet écart. Il ne se voit qu'en comparant le prix qu'on visait au prix obtenu, ce qui suppose de noter le premier.

Poste 4 : le glissement

Distinct de l'écart, et lui aussi invisible. Il apparaît quand l'exécution se fait au-delà de la meilleure limite, parce que la quantité disponible ne suffisait pas ou parce que le prix a bougé entre l'envoi et l'exécution. Les mécanismes, y compris la protection qui borne les ordres au marché sur Globex, sont détaillés dansl'article sur les types d'ordres.

Le glissement est asymétrique, et c'est ce qui le rend coûteux : il joue presque toujours contre vous, parce qu'il se produit dans les moments où le marché va vite, c'est-à-dire quand vos stops se déclenchent.

Comment on s'y prend

Le calcul, en trois lignes

La méthode ne demande aucun outil. Prenez votre grille tarifaire et exprimez tout en une seule unité : le tick, c'est-à-dire le pas de cotation. Sur le mini S&P, la valeur d'un tick est fixée par le contrat et figure dansl'article correspondant.

  1. Additionnez commission et frais de marché pour un aller-retour, par contrat, et divisez par la valeur d'un tick. Vous obtenez un coût en ticks.
  2. Ajoutez un tick pour l'écart de cotation, si vous entrez et sortez au marché sur un contrat liquide. Ajoutez davantage si vous travaillez aux heures creuses.
  3. Ajoutez votre glissement moyen, mesuré dans votre journal. Tant que vous ne l'avez pas mesuré, comptez-le pour au moins un tick plutôt que zéro.

Le total est votre coût par aller-retour, exprimé dans l'unité du graphique. C'est ce nombre-là qui sert, pas le montant en euros.

Le seul rapport qui décide

Une fois ce coût connu, une seule comparaison compte : le coût rapporté à l'amplitude que vous visez. Pas au capital, pas au résultat mensuel.

Un coût de deux ticks est négligeable pour qui vise trente points, et fatal pour qui en vise quatre. C'est une différence de nature, pas de degré : dans le second cas, le coût représente une part telle de l'objectif qu'il faut un taux de réussite extraordinaire pour seulement rentrer dans ses frais, et ce taux n'est pas atteint.

La conséquence pratique est brutale et rarement dite : le coût de transaction interdit certaines méthodes, indépendamment de leur qualité. Une approche qui vise de très petites amplitudes n'est pas rendue difficile par les frais, elle est rendue impossible, et aucun travail sur l'analyse ne le corrigera. C'est le premier test à faire avant d'investir du temps dans une méthode.

Le cas particulier des prop firms

Les frais de plateforme et de données s'ajoutent souvent, sous forme d'abonnement mensuel, et ils sont dus que vous tradiez ou non. Ils ne se rapportent donc pas à l'aller-retour mais au mois, et la bonne manière de les compter est de les diviser par le nombre d'allers-retours d'un mois ordinaire. Quelqu'un qui trade peu paie cher chaque trade. Le sujet est traité côté sélection dansl'article sur le choix d'une prop firm.

Ce qu'on en note dans son journal

Deux colonnes, et la seconde est celle que presque personne ne tient : le prix visé à l'entrée, et le prix obtenu. Leur différence est votre glissement réel, trade par trade. Additionnée sur quelques dizaines de trades, elle donne une moyenne qui vaut tous les estimations. Le dispositif est décrit dansl'article sur le journal.

Une troisième colonne, facultative mais éclairante : le résultat du tradeavant coûts. La comparaison des deux totaux, avant et après, est la seule manière de savoir si votre méthode est rentable en elle-même et détruite par les frais, ou simplement non rentable. Les deux diagnostics appellent des réponses opposées.

Ce que la mesure établit

Pourquoi ce poste mérite d'être traité en premier

Parce qu'il est le seul dont la valeur soit connue à l'avance. Le résultat d'un trade est incertain ; son coût ne l'est pas. Un trader qui ne connaît pas son coût par aller-retour ne peut pas savoir quelles amplitudes lui sont accessibles, donc ne peut pas choisir une méthode en connaissance de cause.

C'est aussi le poste qui explique une partie des échecs attribués à la psychologie. Quelqu'un qui vise de petites amplitudes multiplie les trades pour compenser, ce qui multiplie les coûts, ce qui l'oblige à en faire davantage. Le mécanisme est décrit dans l'article sur le surtrading, et sa cause est ici arithmétique avant d'être comportementale.

Ce que cette page n'affirme pas

  • Aucun montant. Commissions, frais de marché et abonnements dépendent du courtier, du volume et du contrat, et sont révisés sans préavis.
  • Aucun seuil d'amplitude minimale viable. Il dépend de votre coût, de votre taux de réussite et de votre rapport gain/perte, qui sont les vôtres.
  • Aucune statistique. Nous n'avons mesuré aucun glissement moyen et n'en publions aucun.

Pour aller plus loin

Sources

  • ⚠️ Aucun montant n'est cité, et c'est délibéré. Les grilles de commissions, de frais de marché et de compensation sont publiées par les courtiers, les bourses et les chambres de compensation, et révisées périodiquement. Les reproduire ici garantirait une page fausse à terme, sans qu'aucun signal ne le montre. La méthode de calcul, elle, ne change pas.
  • Le mécanisme de l'écart de cotation est établi et sourcé dansl'article sur le carnet d'ordres ; celui du glissement et de la protection des ordres au marché dansl'article sur les types d'ordres, d'après la documentation du CME Group.
  • Le caractère déductible des frais du profit imposable est prévu par l'article 150 ter du code général des impôts, cité dansl'article sur la fiscalité.

Le trading comporte un risque de perte en capital. Ce contenu est pédagogique et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Trader 360 n'est pas un service de signaux et ne promet aucun résultat.Une question sur cet article ?