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Les indicateurs

Le profil de volume : POC, zone de valeur, et ce que le 70 % doit au hasard

C'est le même volume, retourné d'un quart de tour. Au lieu de demander combien de contrats à cette minute, on demande combien à ce prix, et la réponse ne se lit pas du tout de la même façon.

Qu'est-ce qu'un profil de volume

Un graphique ordinaire affiche le volume sous les prix, en histogramme, découpé par le temps : chaque barre dit combien de contrats ont été échangés pendant cette minute. C'est l'objet traité dansl'article sur le volume.

Un profil de volume prend la même donnée et la découpe par le prix : chaque barre, horizontale cette fois, dit combien de contrats ont été échangés à ce niveau, toutes périodes confondues. On obtient une distribution, souvent renflée au milieu et fine aux extrémités.

Les trois repères qu'on en tire

Le point de contrôle, souvent désigné par son sigle anglais POC, est le prix où le plus grand nombre de contrats a été échangé sur la période retenue. C'est un fait, sans interprétation : c'est là que le marché a passé le plus de volume.

La zone de valeur est l'intervalle de prix contenant une part fixée du volume total, conventionnellement 70 %, centré autour du point de contrôle.

Les zones fines sont les niveaux où peu de contrats se sont échangés : le prix y est passé vite, sans s'y attarder.

D'où vient vraiment le 70 %, et pourquoi c'est gênant

Ce chiffre n'est pas un résultat de mesure. Il vient de la règle empirique de la loi normale, selon laquelle environ 68 % des observations se situent à moins d'un écart-type de la moyenne, arrondi à 70 %. L'idée sous-jacente est que la distribution du volume par prix serait approximativement normale, et que la zone de valeur représenterait donc son corps central.

Le problème est exactement celui déjà rencontré avecles bandes de Bollinger : les distributions de prix ne sont pas normales, leurs queues sont plus épaisses que la loi ne le prévoit, et une distribution de volume par prix est souvent nettement asymétrique ou franchement bimodale, avec deux renflements séparés. Dans ces cas-là, la notion même de corps central perd son sens, et une zone de valeur tracée mécaniquement recouvre du vide entre deux amas.

Cela ne condamne pas l'outil. Cela veut dire que le 70 % est une convention de découpage, à traiter comme telle, et non une propriété du marché. Le point de contrôle, lui, ne suppose rien et reste un fait.

Comment on l'applique

Le réglage qui décide de tout : la période

C'est le point le plus souvent passé sous silence, et il est décisif. Un profil n'est défini que par rapport à une période. Le profil de la séance de la veille, celui de la semaine, celui depuis le début de l'échéance et celui d'un mouvement particulier donnent quatre points de contrôle différents, à des prix différents.

Autrement dit, la période joue ici le rôle que joue la période d'unemoyenne mobile : elle est le paramètre libre, et changer de paramètre après coup pour trouver le profil qui donne raison à sa position est la forme la plus discrète de tricherie avec soi-même. La parade est la même : fixer la période d'avance et ne pas en changer.

Ce que le profil dit, et ce qu'il ne dit pas

Il dit où le marché a traité. C'est une information de contexte réelle, et elle complète utilement les niveaux obtenus autrement : un point de contrôle qui coïncide avec une zone tracée selonla méthode habituelle est un niveau sur lequel deux approches indépendantes tombent d'accord.

Il ne dit pas où le marché traitera. Le profil est intégralement rétrospectif : il est construit à partir de transactions passées, et rien dans sa construction ne porte sur l'avenir. Les lectures courantes, retour vers le point de contrôle, traversée rapide des zones fines, sont des hypothèses. Nous n'avons trouvé aucune étude mesurant leur valeur prédictive, ni sur les contrats à terme ni ailleurs, et nous n'en citons donc aucune.

Le piège du changement d'échéance

Un profil calculé sur plusieurs semaines enjambe presque nécessairement une bascule d'échéance, décrite dansl'article sur le roulement. Les deux contrats ne cotent pas au même niveau : additionner leurs volumes par prix revient à superposer deux distributions décalées, et le point de contrôle obtenu ne correspond à aucun prix réellement traité en masse.

La règle est donc de ne jamais faire courir un profil sur une bascule, ou de travailler sur une série continue en sachant que ses prix anciens sont ajustés, donc faux, ce que le même article explique.

Ce qu'on en note dans son journal

Une colonne, remplie avant l'entrée : la position était-elle prise à l'intérieur de la zone de valeur, à sa bordure, ou en dehors ? Trois catégories suffisent. Après quelques dizaines de trades, comparez leur résultat moyen. Aucune étude ne répondra à cette question pour votre plage horaire :le journal est la seule source de preuve dont vous disposiez.

Points positifs et points négatifs

Ce qu'il a pour lui

  • Il repose sur une donnée, pas sur un calcul. Comme le volume dont il dérive, il n'invente rien : il réorganise.
  • Le point de contrôle ne suppose aucune hypothèse. C'est le prix le plus traité, point final.
  • Il donne des niveaux obtenus autrement que par l'observation des contacts, ce qui en fait une confirmation indépendante quand les deux coïncident.
  • Il est fiable sur les futures, marché centralisé où le volume affiché est le volume réel.

Ce qu'on lui reproche à raison

  • La zone de valeur à 70 % est une convention empruntée à la loi normale, que les distributions de prix ne suivent pas.
  • Tout dépend de la période, paramètre libre rarement affiché et facile à ajuster après coup.
  • Il est rétrospectif par construction. Il décrit, il ne prévoit pas, et aucune étude connue de nous ne mesure ses lectures courantes.
  • Il est faussé par le changement d'échéance dès qu'il enjambe une bascule.
  • Il est illisible sur les distributions à deux bosses, où le corps central recouvre une zone peu traitée.
  • Nous ne publions aucune statistique. Nous n'avons mesuré aucun taux de retour au point de contrôle et n'en avançons aucun.

En un paragraphe

Le profil de volume est le volume découpé par le prix au lieu du temps. Il fournit un fait, le point de contrôle, et une convention, la zone de valeur à 70 %, dont le chiffre vient de la loi normale et non d'une mesure. Sa qualité dépend entièrement de la période retenue, qui doit être fixée d'avance comme la période d'une moyenne mobile, et il devient faux dès qu'il enjambe un changement d'échéance. C'est un bon outil de contexte et une mauvaise boule de cristal.

Pour aller plus loin

Sources

  • ⚠️ Aucune source académique n'est citée pour cet outil, et c'est délibéré. Nous n'avons trouvé aucune étude évaluant la valeur prédictive du profil de volume, du point de contrôle ou de la zone de valeur. Plutôt que de mobiliser des travaux portant sur autre chose, ce manque est signalé.
  • Le rattachement du seuil de 70 % à la règle empirique de la loi normale, et l'inadéquation de cette hypothèse aux distributions de prix, sont traités et sourcés dans l'article sur les bandes de Bollinger, qui repose sur la même supposition.

Le trading comporte un risque de perte en capital. Ce contenu est pédagogique et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Trader 360 n'est pas un service de signaux et ne promet aucun résultat.Une question sur cet article ?